Jeudi 30 novembre 2006

 

 

 

 

 

Louves de mer qui se pament sur la côte atlantique, au Sud de Viedma. Je ne sais pas si elles naissent louves ou si elles le deviennent, mais elles ont une grâce et une élégance que le mal, barbu et violent, ne peut égaler ... 

 

Par Ma main amie - Publié dans : Photos du jour
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Mardi 28 novembre 2006

 

 

 

 

 

        S'il peut être donné, en un éclair, de concevoir notre passage en ce monde, je me sens ce soir, perroquet argentin...

 

    ...  et un peu mauvaise élève aussi car la femelle vit avec le même partenaire toute sa vie et chante l'alegria des perroquets de jour comme de nuit !

 

 

 

Par Ma main amie - Publié dans : Notes pour un journal
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Dimanche 26 novembre 2006

 

 

 

 

 

 

J'ai vécu deux jours encore avec la seule compagnie des pierres en attendant qu'un bateau passe pour me faire traverser La Ria et rejoindre Puerto Deseado.

 

Je ne sais pas tout ce que mes amies pouvaient se raconter mais il me semblait, en les regardant, qu'elles gardaient en secret le dicton du voyageur égaré : il ne faut pas avoir peur de mourir, mais peur, seulement, de ne pas  vivre.

 

 

Par Ma main amie - Publié dans : Notes pour un journal
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Vendredi 24 novembre 2006

 

La nuit a charrié un vent plus violent et de gros nuages noirs. Au petit matin, toute la côte était enrubanée de brume et un crachin pénétrant imbibait la photocopie qui me tenait lieu de carte. J'ai marché deux heures peut-être avant d'arriver au point où devait se trouver l'Estancia de Luly. Mais au lieu d'une batisse réconfortante, je n'ai vu que des collines désertes et à chaque point culminant, un autre point culminant qui en masquait un suivant. Et ainsi de suite jusqu'à ce que la démesure de la steppe me donne le vertige et abatte mes forces. J'avais soif car je n'avais plus d'eau depuis la veille au soir. Le demi tour s'imposait, au moins pour ne pas me perdre au dedans ; un but même lointain valait mieux qu'une errance dont je ne pouvais plus deviner la fin.

J'ai repris mon itinéraire de petit bateau en luttant contre un vent de trois quart et en allant chercher sous mes pieds l'énergie que la terre gardait en silence.

 

Je suis arrivée en même temps que le coucher du soleil, à une poignée de kilomètres de Puerto Deseado, près d'une Estancia abandonnée où j'ai trouvé une source d'eau salée. Ce soir là le ciel était redevenu clément ce qui m'a permis de faire cuir au feu un copieux steack argentin que j'avais acheté pour partager avec le gaucho.

 

 

 

 

Par Ma main amie - Publié dans : Notes pour un journal
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Jeudi 23 novembre 2006

 

Je suis partie d'Ushuaia avec l'envie de passer quelques jours dans une Estancia et de partager la vie d'un gaucho.

Tous les points de chute que j'ai traversés après la Terre de Feu avaient moins l'allure de lieu de vie que d'usines sans toit, dédiées à l'industrie du pétrole. Aucune envie de m'arrêter jusqu'au soir où la route m'a tellement rincé le dos qu'il m'a fallu faire escale. Puerto Deseado, un nom (Port Desiré) qui pouvait promettre...

De fil en aiguille j'ai trouvé Luly qui habite une Estancia située sur la rive sud de la Ria, à 170 Km de Puerto Deseado par la route (Puerto Deseado est situé sur la rive nord et la route fait tout le tour de la Ria car il n'existe pas de pont pour la franchir) et à 35 km à pied par la côte. Entre la ville et l'Estancia il n'y a que la steppe.


 

 

 

 

Le matin de mon départ était radieux. J'avais traversé la Ria sur l'embarcation d'un sympatique bonhomme qui avait bien voulu me rendre service; le ciel était presque sans nuage. Une bise marine de printemps et le requiem de Faure me donnaient les énergies d'un chameau, prêt à traverser le désert.

 

 

 

A mi-chemin, le terrain s'est converti en collines qui devenaient de plus en plus hautes de telle sorte que ma marche s'est mise à onduler à la manière d'un petit bateau de castolet de marionnettes.... jusqu'à une plage de sable fin, où je me suis arrêtée pour dormir, fatiguée par le poids du sac et tentée de respirer à plein poumon l'insoupçonnable sentiment de liberté que me procurait la rencontre.

 

 

 

 

 

Par Ma main amie - Publié dans : Notes pour un journal
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