Vendredi 8 septembre 2006

 

 

J'ai appris sagement que je suis née à l'approche de l'automne quand les couleurs de l'été plient bagages et que les enfants reprennent le chemin de l'école. Mais ce matin en ouvrant ma fenêtre, les premiers rayons chauds du soleil, les arbres bourgeonnants et les cartables déjà usés me paraissaient incongrus. Je suis descendue au jardin Rosendal et pour la première fois de ma vie, toutes les primevères étaient en fleur pour mon anniversaire.

 

 

 

 

Si donc le monde tourne aujourd'hui à l'envers, j'ai un an de moins alors. Et en m'allongeant dans l'herbe, je me sentais aussi neuve que les bourgeons.

 

 

Par Ma main amie - Publié dans : Notes pour un journal
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Mardi 5 septembre 2006

 

 

 

 

 

Les taxis ne comprennent rien, ils leur faut une destination. 

Je préfère les 188 lignes de "colectivos" qui fourmillent dans toute la ville, m'avalent ou me crachent selon l'humeur ....

Et me rappellent que "nous sommes nés voyageurs dès notre naissance," comme dit un certain Chatwin dans un petit livre que j'ai sous le coude et que je vous recommande : "Anatomie de l'errance."

 

 

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Dimanche 3 septembre 2006

 

 

 

 

J'aime tirer ma chaise par-là au coucher du soleil. Ce curieux ouvrage symbolise un des lieux mythiques de Buenos Aires.

C'est ici qu'arrivèrent en masse les immigrants italiens et espagnols à patir de la deuxième moitié du XIX siècle et surtout dans les anées 1880. Ils s'entassaient dans des baraques de tôle qu'on appelait ici les "conventillos".

 

Le quartier est aujourd'hui reconverti en une grosse industrie touristique très colorée que vous verrez peut-être un jour en carte postale ou en vrai, mais que je ne vous montre pas car ce serait redorer la situation des immigrants qui franchement était sordide. J'aurais préféré vous montrer des photos du musée de l'immigration mais je n'ai pas réussi à déjouer l'attention des gardiens, décidément trop nombreux dans ce pays.

 

 

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Vendredi 1 septembre 2006

 

 

Monsieur Blumberg est ingénieur et homme d'affaires à Buenos Aires. Son fils a été assassiné il y a un peu plus de deux ans. Il est devenu le symbole de la lutte contre l'insécurité réclamée par la classe moyenne supérieure et l'élite sociale opposée à Nestor Kirchner ( Président ). Monsieur Blumberg est notamment favorable à l'abaissement de la majorité pénale des mineurs de 16 à 14 ans et ne cache pas ses intentions électorales pour 2007.

 

Hier 31 aoùt, Monsieur Blumberg a appelé à une "marcha" contre l'insécurité, Place de Mai, face à la résidence présidentielle située au coeur de Buenos Aires.

 

Imaginez donc une manifestation rassemblant vingt milles cravates et vingt milles sacs à mains assortis, éclairés par la lumière et le silence des bougies .....

 

 

 

 

..... et à peine à 500 mètres plus loin, sur la même avenue, le Père Adolfo Pérez Esquivel, Prix Nobel de la Paix, rassemblait une "contremarcha"  avec le soutien de l'extrême gauche, pour dénoncer la pénalisation de la classe paupérisée. En effet, depuis la crise politique et économique qui a secoué l'Argentine en 2001, la pauvreté a gagné du terrain.

Près de l'Obélisque, les orchestres de tambours rivalisaient de dextérité ; les banderoles à l'effigie du Che, les sandwichs graisseux et les pieds nus des enfants, exsudaient un parfum de misère.

 

Ceux-là n'étaient que cinq milles.

 

 

 

 ***

Qu'on se le dise, Buenos Aires n'est pas Bogota !! (je circule seule jour et nuit sans aucun risque en évitant les lointains faubourgs). Pour autant, on voit des familles qui ont faim, des polices corrompues et surtout des Argentins profondément atteints dans leur orgueil de pays jadis le plus développé, le plus cultivé et le plus rayonnant de l'Amérique latine. Cette époque encore toute fraiche a vécu et sa nostalgie leur devient insupportable.

Les Argentins ne savent pas comment rattraper ce temps qui leur échappe. Hélas, Monsieur Blumberg et ses 40.000 manifestants aisés n'y parviendront pas sans instaurer un ordre fascisant. Si leur cause est légitime, il faut combattre leur méthode.

  

 

 

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Mercredi 30 août 2006

 

 

 

 

Avec tous les fils qui se déroulent matins et soirs aux arrêts de bus, je pourrais tricoter une écharpe pour la Patagonie, de Bariloche au Cap Horn.

Il fait déjà bien froid sous mon 34ème parallèle.

Mais je ne tricote pas vite, alors j'attends le printemps pour partir.

 

Par Ma main amie - Publié dans : Photos du jour
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