Si j'étais née avec le triste sens de l'orientation je n'aurais pas trouvé le bon sens des pas perdus.
Cette petite demeure au charme rénové du 19ème siècle est venue à moi en suivant l'ombre de Borges et de Cortazar, deux monuments de la littérature argentine et mes deux seules connaissanes ici à Buenos Aires (défuntes hélas).
J'occupe la chambre du deuxième étage, première fenêtre à droite, dans une rue perpendiculaire à la rue Borges et à deux pas de la Place Cortazar...
J'y suis bien avec derrière moi mes anges déchus, devant moi l'amitié du monde et au fond, comme la seule ancre qui amarre mon souffle, l'amour de mes très très chers...
Par Ma main amie
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Peintres, artisans, brocanteurs en tous genres viennent vendre le fruit de leur art le samedi et le dimanche sur la place Julio Cortazar. Cette place est structurée en trois cercles concentriques d'une rare excellence: au centre, un parc pour enfants, au milieu les peintres puis les artisans et enfin les bars.
Dimanche, j'ai acheté à l'homme au chapeau, un marque page ave cette inscription: " Andabamos sin buscarnos pero sabiendo que andabamos para encontrarnos " ........ de J. Cortazar !
Par Ma main amie
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Je ne sais si Dieu existe, mais si la ville panique certains soirs, ce n'est que d'ignorer la foi des hommes qui l'habitent.
Cimetiere de la Recoleta
Buenos Aires
Par Ma main amie
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L'air était vif et piquant. J'avais le nez et les joues rouges comme la pomme que je venais de manger - une pomme coupée en morceaux et mélangée aux cornflakes d'un jaune tout matinal dans un yaourt rose-barbe-a-papa. J'attrapais la journée en cadence avec les premiers flâneurs et me dirigeais vers le Parc 3 de Febrero. A l'angle du Jardin Botanique, j'ai pris cette photo comme j'aurais pu prendre un bonbon en payant l'addition d'un restaurant chinois : rapide coup d'oeil sur la couleur du papier pour avoir une chance de tomber sur le parfum préféré, Et Houps !
En la regardant plus tard, après avoir offert un café à Juanjuo qui n'en revenait pas, il m'a semblé qu'elle exprimait mieux que je ne saurai jamais le faire, tout ce que le mot "travail" peut évoquer.
Par Ma main amie
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Les spectacles sont "gratis" toute la semaine. Des milliers de porteños s'y pressent et s'y bousculent, tous âges et toutes catégories sociales confondus.
On se positionne vingt fois avant le début de la cérémonie pour ne pas trop sentir la planche de bois vous rentrer dans les fesses et éviter d'essuyer les pieds du voisin de derrière. On annonce au microphone l'emplacement des sandwichs et des toilettes et la sono s'ébranle, crache sur son volume maximum un vieux tango graillonnant.
On fait entrer une ronde de jupes et de robes du plus mauvais goût, tonalités de purs synthétiques mal coupés, tristes à faire pleurer Buenos Aires. Les femmes, courtes ou trop minces, pâles ou trop cambrées, s'agrippent aux costumes des Messieurs, étiquetés de 1 à 106.
Tout est fait pour ne jamais revenir !
Et pourtant dès qu'ils s'élancent, les corps se réhaussent d'un fil d'or.
Ils articulent un langage où viennent se loger tous les désirs inassouvis du monde et toute la nostalgie des "ailleurs".
On vibre au point culminant de soi et on revient !!
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